Contre les nuits

day & night blogue

L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt. C’est ce que je me dis quand vient le temps de m’extirper de ma torpeur nocturne pour ramper jusqu’à la première copie fraîche du Journal de Mourréal que je croise. Dans mon habituel état de flottement entre le sommeil et l’éveil, je lis les grands titres en pensant m’informer tranquillement pô vite, au rythme de mes cuillères de All-Brand. Ce mood mi-figue mi-raisin explose de façon Hollywoodienne alors que ces mots s’impriment sur ma rétine : «Madame Boo meurt dans un triple meurtre la nuit dernière». C’est alors que j’ai eu cette illumination; est-ce que les nuits ont encore leur place dans notre monde ? Pour moi, la réponse est claire : nous nous devons de stopper les nuits. Cette noirceur qui nous guette tous.

Je sais, plusieurs d’entre vous crierez haut et fort que le sommeil a des vertus réparatrices et que la nature est régie par certains cycles (seulement une théorie en passant, haters), et je ne mets pas en doute la puissance du lobby des matelas. Mais, vous ne pourrez rester de Pierre, ni de n’importe quel autre apôtre, en lisant les principaux arguments de ma thèse anti-nuits. Descendez les marches de votre intellect pour me rejoindre dans le sous-sol de mes réflexions, et ensemble, parcourons le top 3 de mes arguments sur le sujet.

1ière raison : Le taux de criminalité augmente drastiquement lorsque notre ami solaire allume la veilleuse et part en Australie, ce qui nous permet facilement d’établir une corrélation parfaite entre la nuit et le mal, sous toutes ses formes. TOUTES SES FORMES : les monstres en dessous du lit, les violeurs, les junkies, le crime organisé, les vilains, les super vilains, et les rendez vous au lever du soleil (dans tout les films, les méchants se donnent toujours rendez-vous au « lever du soleil, à l’endroit entendu »). Vous voulez vivre dans un monde dans lequel on ne peut pas dire : « Oufff je sortirais pas la nuit ici mettons » ? Moi aussi !

2ième raison : En 2006 le prix du litre de gaz a passé le cap du 1$, pour ne jamais regarder en arrière. Ajoutons à cela le stress constant d’une fin du monde causée par des changements climatiques majeurs, qui nous forceraient à porter des lunettes comme Vin Diesel dans Les chroniques de Riddick. Je crois donc dire juste, en affirmant que le règne du pétrole a assez duré. Le prochain souverain frappe à nos portes à grands coups de panneaux solaires. Imaginez vous des kilomètres et des kilomètres de Tesla silencieuses, aussi vertes que la diète de Bob Marley. Le potentiel de l’énergie solaire doublerait du jour au lendemain si les nuits étaient choses d’hier. Ce qui pourrait permettre au Québec de sortir de son marasme économique (comment différencier les hommes des enfants : arriver à plugger « marasme économique » dans un texte d’idée) en devenant le leader mondial de l’énergie renouvelable. Là vous commencez à vous dire que ca fait du sens mon argumentaire hein !

3ième et dernière raison : Membres de la communauté universitaire, entité aux multiples visages, je m’adresse à vous. Oui vous, qui ne roulez pas sur l’or mais avez une catégorie «Party» dans votre budget, vous qui vous garrochez sur les choix de cours à chaque début de session pour être certain de ne pas avoir à vivre le purgatoire qu’est un cours le vendredi matin. Vous qui avez votre plus grand actif matériel sous forme de bouteilles de Lager américaine vides, parlons nous. Car nous savons tous très bien que les décisions aux conséquences amères se prennent en même temps que la dernière bière :

  • La grosse poutine qui fait déborder le vase;
  • Les textos regrettables à ton ex ou flamme du moment;
  • La course de chaise roulante dans la côte en avant du bar;
  • L’énergie vide qui te pousse à faire du free run dans un stationnement;
  • Retourner à pied même si t’habites à 1 :30 de marche;
  • Les rapprochements douteux avec une personne douteuse de l’autre sexe;
  • Le call baveux de trop à un policier qui te pogne en train d’uriner en public.

Toutes ses mauvaises décisions que nous regrettons au matin, seraient choses du passé si les matins étaient remplacés par une journée perpétuelle, qui ne laisserait aucune place pour les vices déplacés d’une bande d’étudiants déphasés.

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