La première fois que je me suis battue

Je t’entends déjà crier ô scandale : « Shit, j’ai affaire à une dure de dure ». Je te rassure tout de suite, c’était la première fois, mais aussi la dernière. Et encore là, dans 10-12 lignes, tu vas te demander si on peut vraiment appeler ça une bataille. Mais cette fois-ci, je te jure que ça s’est passé presqu’exactement comme ça.

C’était un soir de janvier. Il devait faire -680 °C. Tu sais le genre de soir que t’as l’impression de trainer 2 corps morts dans tes bottes, parce que t’as oublié de mettre des bas de laine par-dessus tes bas de nylon? Ben c’est ça qui est ça.

Je me dirigeais vers un bar très prisé du moment, avec 3-4 de mes amies. Rendues sur place, on s’est dépêchées de shifter le line up (seigneur, je suis bilingue), pour pénétrer les lieux, au pas camarade. L’ambiance était parfaite. C’était plein, mais pas à craquer, il y avait de la bonne musique, à l’étage comme au sous-sol. On enchaînait shots, pichets à 5$ et on a finalement dit bonjour à notre amie Molly. Elle était de bonne humeur, évidemment.

On s’est dirigé vers le sous-sol (parce que je ne l’ai pas dit, mais c’est là qu’était le dancefloor), et on s’est mises à danser comme des déchaînées. Rap battle, dance battle, breakdance, split, roues latérales, awaille par là. Tu sais, le genre de soirée où tu te dis : je le sens, les planètes sont enlignées, ça va être une soirée mémorable (même si je risque d’en oublier le ¾), bitch don’t kill my vibe.

Et c’est au moment où je dansais avec ma nouvelle amie des toilettes, que tout a éclaté; au sens propre…. Ou sal.

Quelqu’un a pouchpouté du poivre de Cayenne à la grandeur du dancefloor. Ça s’est mis à chercher les sorties, à crier, à courir comme des poules pas de têtes. Moi, j’étais plus comme une poule pas de tête, et pas de jambes : je tentais désespérément de sortir du nuage de poivre, de sueur, de machine à boucane, en rampant parterre. Disons que pour être plus flatteuse, je pourrais dire que je ressemblais à une Spice girl dans le  clip de leur toune d’armée (si quelqu’un trouve le vidéo, s’il vous plaît le mettre en commentaire), mais avec moins d’élégance, de coordination et de sens de l’orientation. Parce que oui, je me dirigeais bel et bien vers la salle de bain plutôt que vers la sortie.

spicegirl

Anyway, je me préparais à morir. Je toussais, et je voyais la vie défiler devant mes yeux. Et c’est à ce moment-là que j’ai senti une petite main me prendre le bras, me tirer du plus fort qu’elle pouvait (parce que je suis quand même une bonne pièce de madame), pour me diriger vers l’extérieure. Je ne sais pas si c’est mon subconscient (qui n’était plus très conscient) qui cherchait de l’attention, mais en arrivant dehors, je suis tombée raide comme quand tu te claques la face dans l’eau en faisant du wakeboard, directe dans ce qui restait de l’aménagement paysager de l’été (bref, plus grand-chose sauf des branches mortes et pointues). L’affaire, c’est que j’ai attiré mon amie Magalie dans ma chute, et elle m’a servie de matelas d’atterrissage, comme ceux utilisés dans les cascades extrêmes. La seule différence, c’est que d’habitude, tu ne lances pas le matelas en même temps que tu sautes, et Magalie était beaucoup moins molle. Résultat : les petit bas de nylon que je te parlais au début étaient scrap, tout comme Magalie au complet.

Le nuage de poivre de Cayenne s’est finalement dissipé, et nous avons pu retourner à l’intérieur, 4-5 orteils en moins plus tard (as-tu oublié qu’il faisait froid?). Les gens ne comprenaient pas ce qu’il s’était passé, l’euphorie était présente sur chaque visage. La jasette était facile. C’est probablement pour ça que je me suis mise à parler à mes nouveaux amis, non loin des toilettes, pendant que ma friend évaluait si elle allait avoir besoin de points de sutures.

Pis là, c’est le deuxième point tournant de ma soirée.

Une petite fille de 5 pied frayait son chemin, au travers de la foule qui était très loin d’être dense (parce que le 7/8 des gens étaient partis après l’incident du poivre de Cayenne), en donnant des coups de coudes généreux dans les côtes des personnes qui avaient le malheur de se trouver sur son chemin. Je suis pas mal certaine que je n’étais pas la seule à être incommodée. C’est pourquoi j’ai décidé de prendre la parole, au nom de tous : « Scuse-moi, peux-tu faire attention pour ne pas casser les côtes de personnes s’il vous plaît? Tu frappes le monde pis c’est pas terriblement agréable ».  Elle m’a répondu, faisant usage d’un vocabulaire et d’une diction incroyables, aucunement altérés par la bouesson coulant dans ses veines : « C’est quoi, tu veux la marde toué, la grande criss? Hen, tu veux la marde?? ». Et c’est lorsqu’elle s’est frappée sur le chest comme King Kong que j’ai su que même si je ne la voulais pas, j’étais tombé direct dedans (dans la marde).

Je lui ai ensuite répété, poliment (à mon avis), mes premiers arguments. Avant même que je ne finisse ma phrase, un poing me heurtait de plein fouet le menton, me coinçant la lèvre inférieur entre ma palette et ma petite dent du bas. Le poing a continué sa course en m’arrachant les lunettes du visage, et en me knockant comme il faut le front. Tu te dis probablement que c’est une trajectoire impossible, mais je te confirme que j’avais un bleu sur le menton et sur le front, ainsi que la lèvre fendue.

Je n’ai pas répliqué. Quand je me suis relevé de parterre, je ne trouvais plus la fille, mais je ne rappelais  surtout pas de quoi elle avait l’air.

Le projectile.

Ce que je n’ai pas dit, c’est qu’au moment des faits, j’avais mon cellulaire, ma carte d’assurance maladie, ma carte débit et mon ticket de vestiaire, dans la main droite. Tu peux comprendre que l’impact a fait s’envoler le tout, emportant du même coup mon amour propre. C’est la seule fois que j’ai pleuré, saoule, dans un bar. Et je te confirme que j’ai tout donné.

Avec mon nouvel ami, j’ai essayé de récupérer mes objets précieux, éparpillés un peu partout, comme le gars qui a explosé dans « tonnerre sous les tropiques ». J’ai retrouvé mon cellulaire, mes lunettes, et ma carte d’assurance maladie.

tropic thunder

J’vais essayer de faire ça court pour la fin, parce que ça s’en vient long :

  • Je suis allé me chercher une glace, au bar, pour me mettre dans la face;
  • Je suis allé au vestiaire, pour récupérer mon manteau. Si t’as suivi la game, t’as compris que j’ai retrouvé mes objets précieux, à l’exception de ma carte de débit et de mon ticket de vestiaire. Pas de tickets de vestiaire = attente de la fermeture du bar, même si tu pleurs. À moins que je prenne le taxi? Sauf que je n’ai rien pour le payer, je n’ai plus de cartes de débit. Oublis la marche, je n’ai pas mon manteau.
  • Je suis allé m’asseoir sur une banquette, et j’ai dit à mes friends de partir, parce que je ne voulais pas embarquer avec elles (je ne voulais pas laisser mon manteau au bar), et je ne voulais pas les faire attendre. Elles ont insisté pour rester, pendant au moins 15 minutes, mais je leur ai dit de sacrer leur camp.
  • Je me suis fait des amis de Bishop.
  • Le bar a fermé, je suis allé chercher mon (osti) de manteau. Je suis allé au Mcdo avec mes nouveaux amis, j’ai regagné mon domicile.

Voici donc un résumé respectable de la première fois que je me suis battue (ou fait battre). J’espère que tu vas prendre exemple sur moi, et que tu  as compris qu’on ne doit jamais provoquer quelqu’un dans un bar, même si cette personne est plus petite que toi, et que tu portes des lunettes.

C’est l’heure de l’aspect théorique. Je suis personnellement contre la violence. Cependant, il est tout de même important de savoir comment se défendre un minimum, à mon avis, en cas d’attaque. Je te suggère donc de visiter ces sites, qui te permettront d’apprendre plusieurs art martiaux, et ce, en ligne:

http://learnkarate.com/

http://www.online-karate.com/

Pour te procurer ton équipement, je te suggère de te présenter directement en magasin, pour te garantir un agencement parfait. Tu peux toujours magasiner en ligne, puisque les prix peuvent être réduits. Voici un bon site d’équipements:

http://www.budostock.com/fr/karate/

Ils y vendent des porte-feuille à velcro, avec des signes chinois ou japonais. Extrêmement prisé en 2015. Tu vas faire fureur.

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About Mylady

Moi c'est Mylady. Mon nom le dit, je suis une lady. Je m'assumes en temps que fille folle, blonde folle, chialeuse, hyperactive quand je bois du café, incapable de partager chips ou chocolat (des asperges ou des olives je n'ai pas de problème par contre), minutieuse à l’extrême (jusqu'à en gosser mes coéquipiers) et paresseuse. J'aime regarder des "make up tutorial" sur youtube. Mes passes-temps: Je suis une magasineuse compulsive et je joue au Volley-ball. Vous aurez l'occasion d'en apprendre plus sur moi au travers de mes articles, que je publierai dans les prochaines semaines. En espérant vous divertir un brin!